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  • Rachel Hemes

Solitude ? Et si vous remplissiez un seau ?

Dernière mise à jour : 10 juin



Cette semaine je lisais dans un article de la RTS : "Isolement social, solitude, peur d'être infecté ou encore crainte des conflits dans la sphère privée, les éléments s'accumulent pour miner le moral du pays."


Il semble que cette deuxième vague de coronavirus soit plus difficile moralement que la première. Cet aspect de la solitude et de l'isolement social est venu me toucher. Et j'ai une pensée particulière pour ceux qui en souffrent et qui se sentent seuls.


La solitude peut être recherchée ou fuie à tout prix, elle peut être imposée par les circonstances (au hasard une quarantaine, un confinement) ou choisie comme une retraite. Elle peut être vécue de manière positive, agréable et salutaire ou alors se révéler pesante, amère et délétère. Elle nous concerne tous d'une manière ou d'une autre. Et même si je ne suis pas seule, je peux me sentir seule...


Comme le dit Bronnie Ware dans son livre Les 5 regrets des personnes en fin de vie : "La solitude n'est pas un manque de personnes. C'est un manque de compréhension et d'acceptation."

Peut-être avez-vous expérimenté comme moi le fait de vous sentir seul alors que vous êtes entourés de gens physiquement ?



Alors, qu'est-ce que je peux faire lorsque ce sentiment de solitude m'étreint la gorge et me broie le coeur ?


Ce qui m'a aidée (et m'aidera sûrement encore) a été de me mettre en action. Je ne dis pas que c'était facile car cela me paraissait vraiment coûteux et la dernière chose que j'avais envie de faire. Dans ces moments-là, je me sens comme une petite chose blessée, esseulée. Ce dont j'ai envie c'est de me recroqueviller encore plus et surtout que quelqu'un le voie et vienne s'en inquiéter. Alors cela peut arriver : comme un coup de fil inattendu qui tombe pile au bon moment. Mais vous en conviendrez certainement, nous augmentons nos chances d'être secouru si nous nous manifestons...


Cela demande du courage, c'est vrai, celui qui vient du coeur ; du courage pour regarder en face cette peur universelle d'être rejeté et la honte de se sentir seul dans ce monde ultra-connecté (parce que cela n'arrive qu'à moi, n'est-ce pas ?). Le courage enfin de se déplier, d'aller chercher et offrir du contact de manière intentionnelle.


A chacun de trouver sa manière de se sentir relié à d'autres : par un message écrit ou audio pour prendre des nouvelles d'une amie, un téléphone avec un membre familial, un coeur-à-coeur avec une personne de confiance, un échange dans la rue avec un voisin, un service rendu à une personne en quarantaine, ...


En franchissant le premier pas (même tout petit) d'offrir de mon temps, de mon affection, de ma gentillesse, de mon attention à quelqu'un d'autre je prends le - merveilleux - risque de remplir son besoin d'amour et par ricochet je vais me sentir moi aussi remplie... C'est la joie qui résulte de la connexion, de la contribution ou de faire plaisir. Comme lorsque j'offre un cadeau : quand je vois le sourire, les yeux pétillants, la joie de mon enfant qui le découvre, je suis à mon tour remplie de joie.



Cela me fait penser à ce livre pour (petits et grands) enfants As-tu rempli un seau aujourd'hui ? de Carol McCloud et David Messing. En résumé, nous avons tous un "seau" invisible qui représente notre réservoir affectif. Ce dernier peut être plein, nous nous sentons bien, ou vide, nous nous sentons tristes, seuls, mal... Cette histoire nous apprend ensuite que nous pouvons remplir le seau des autres avec des actes de gentillesse, ce qui remplit notre seau également.


Alors, pour rompre la solitude, l'isolement, quel seau allez-vous remplir aujourd'hui ?


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