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  • Rachel Hemes

L'art de la pause

Dernière mise à jour : 10 juin




Aujourd’hui j'ai envie de vous parler de l’art de la pause, de savoir s’arrêter, de cette respiration essentielle pour nous permettre de fonctionner le mieux possible que ce soit professionnellement ou en tant que maman.


Je pense que c’est un thème vital et central, et que bien souvent nous le savons, mais on se dit que c’est pour les autres ;-) et dans mon expérience personnelle j’ai constaté combien ça a fait une différence dans ma vie et pour celles des autres.


Je vais commencer par des évidences, néanmoins je pense que c’est important de les nommer.


Dans un monde qui prône l’efficacité, le faire d’être supra-occupé, de courir d’une activité à une autre, c’est peut-être un peu à contre-courant de parler de l’art de la pause.

Et pourtant je pense que la pause fait partie de notre équilibre. On n’est pas fait pour fonctionner sans cesse, carburer 24h sur 24, on le voit déjà simplement avec notre besoin de dormir !


Durant notre sommeil notre corps qui a besoin de repos, se régénère, récupère ; notre cerveau trie, met de l’ordre, du sens, réorganise ce que nous avons emmagasiné, vu, entendu, fait, appris…


Et pour celles qui me lisent qui êtes aussi croyantes, nous avons aussi l’exemple d’un Dieu dans la Bible qui se repose, au 7e jour, et qui nous invite aussi à le faire.


Et je pense que notre équilibre psychique a besoin de pause.

Alors oui de sommeil, c’est fondamental et essentiel, on est d’accord ; et aussi de pauses dans notre temps « éveillé ». De pause pour notre psychisme, pour notre être intérieur.


C’est peut-être d’autant vrai pour les personnes à tendance introvertie, comme je le suis. Puisque je vais utiliser ces moments pour me recharger et me ressourcer. Cependant je pense que c’est un besoin que les personnes extraverties ont également, même si la mesure, la fréquence, la durée, sera sûrement différente. A nous de sentir, de trouver ce dont nous avons besoin.


Bref, le repos, la pause, est un besoin légitime, normal, universel, humain.

Nous avons donc besoin de pause, c’est inscrit dans notre condition humaine, et pourtant ça peut être drôlement difficile à s’octroyer autrement je ne serai pas là à en parler aujourd’hui… ;-)


Dernièrement je lisais un article d’Hélène Dumont dans les Fabuleuses au foyer qui parlait d’agender des bulles dans notre emploi du temps. Bloquer des moments pour soi, à soi, prévu dans le planning de la journée, de la semaine. Les agender pour être certaine qu’ils vont être fait. Une super idée, et je suis la première à devoir me prendre par la main pour le faire !


Parce que j’ai tendance à penser que je le ferai, sans l’agender.

Que je n’ai pas besoin de l’inscrire. Que j’aurai ce petit moment à moi à un moment donné ou un autre. Et si je suis honnête je vois souvent que je « mange » les moments que je pensais pour moi avec autre chose.


Entre autre, parce que mon travail me passionne et que je grappille tous les moments disponibles pour le faire ;) Et même si j’ai énormément de plaisir à faire ce que je fais, que j’y trouve du sens, que ça me nourrit aussi d’une certaine façon, ça ne vient pas rencontrer les mêmes besoins.


Ou alors parce qu’il y a toujours quelque chose à faire pour la tenue du foyer : nettoyer, étendre, plier, ranger, cuisiner, etc.


Ou encore parce que je suis sollicitée : "Maman, tu peux me lire une histoire ?" ; "Maman, j’aimerais faire un bricolage !" ; "Maman, j’ai pas compris ce que je dois faire sur cette fiche !?" ; Maman, Maman, Maman…


Mes besoins de repos, de calme, de prendre soin de mon être intérieur, de ralentir, ne se nourrissent du coup pas en travaillant, ni en m’échinant aux tâches ménagères, ni en m’occupant de mes enfants ;) Ce sont toutes des bonnes choses, qui sont importantes aussi, mais qui ne rencontrent pas ces besoins-là essentiels.


Pour rencontrer ce besoin de repos, j’ai besoin de prendre le temps de m’arrêter.

Un autre élément qui ne nous aide pas, je pense, c’est que nous ne savons pas vraiment comment faire une pause qui compte. Et là je pense à la tentation facile de l’écran, des réseaux sociaux, qui nous donne l’illusion que nous prenons du temps pour nous, pour faire une pause…


Observez-vous mais je ne suis pas convaincue que ce type d’activité vous repose profondément, vous fasse du bien, vous permette de ralentir, vous remplisse… Personnellement, ça peut même être le contraire.


Qu’est-ce qui vous repose, vous fait du bien ?

Ça peut être de vous allonger un moment, et ne rien faire.

Ça peut être de prendre des respirations profondes.

De sortir prendre l’air.

D’aller marcher un moment.

De créer quelque chose, librement, pour le plaisir, sans attente de résultat.

De prendre un moment pour écrire dans votre journal.

De se poser les questions : comment je vais ? Comment je me sens ? Comment c’est dans mon corps ?

De méditer.


Maintenant, j’ai une autre question pour vous : comment c’est pour vous de vous octroyer une pause ?

Plutôt facile et une évidence ?

Plutôt difficile et au final elle a tendance à passer à la trappe ?

Ou carrément en dernier recours quand vous êtes au bout du rouleau ?


Si c’est facile pour vous, génial, je ne peux que vous encourager à continuer à prendre ces temps précieux pour vous, de manière régulière.


Et si c’est plutôt difficile, ce serait intéressant de comprendre ce qui se passe pour vous quand vous pensez à prendre une pause. Qu’est-ce que vous vous dites ? « J’ai trop de choses à faire… J’ai pas le temps… Ça va me faire perdre du temps… C’est égoïste… Je l’ai pas mérité… Je peux pas y’a les enfants. … »


Mettre au jour votre discours mental, car je suis sûre qu’il y en a un à ce moment-là, va vous aider à mieux comprendre ce qui se joue pour vous dans ces moments-là, de le décortiquer, voire de questionner ces pensées.


Est-ce vrai que je n’ai pas le temps ? Est-ce vrai que c’est égoïste ? Est-ce vraiment vrai que je ne peux pas ?

Peut-être que ça vous fait peur de vous arrêter ? Dans ce cas, de quoi avez-vous peur ?


En fait, prendre le temps de vous poser ces questions, d’y réfléchir et y répondre vraiment, d’écrire à ce sujet dans votre journal, c’est déjà une première façon de vous arrêter… :)


Pour ma part, pour me garantir au moins un moment seule par jour, je commence par m’arrêter ;)

C’est d’ailleurs ce qui m’aide à tenir, ce moment que je prends le matin en me levant plus tôt, pour avoir un moment à moi avant de commencer la journée avec les enfants.


Je profite de ce temps pour y mettre ce qui compte le plus, ça va être de lire la Bible pour moi qui suis croyante, de méditer, de prier et d’écrire dans mon journal. Puis la journée commence.


Clairement j’aimerais que ce moment dure souvent plus longtemps que ce que j’ai à disposition.


Mais je sais que c’est comme mon minimum vital.

Je l’ai déjà constaté plusieurs fois en vacances par exemple, parce que le rythme est chamboulé : je perds mes repères d’horaire (ce qui est bien agréable !) mais du coup ça rend aussi plus difficile de garder les bonnes habitudes. Donc vous l'aurez compris, je saute sans y prendre garde ce moment du matin. Et j'en ressens les conséquences sur mon humeur après quelques jours… Je deviens désagréable… Je me sens sèche à l’intérieur… Je suis grincheuse… Et je réalise alors que ça fait plusieurs jours que je n’ai pas eu, pas pris, ce temps pour moi !


Souvent c’est cette prise de conscience qui me permet de remettre la bonne habitude en place - même pendant les vacances, voire surtout pendant les vacances ! - parce que le prix à payer est trop cher.


Je m’octroie aussi des respirations au fil de ma journée.

Ça peut être des petits moments très courts. M’allonger un moment. Me lever et prendre l’air.


Lors de mes années « maman au foyer à plein temps », alors que les enfants étaient avec moi H24, j’avais gardé l’habitude du temps de la sieste même lorsqu’ils n’y dormaient plus. J’avais alors appelé ça le « temps tranquille », après le repas de midi : hop, chacun dans sa chambre pendant 1h en tout cas. Et moi de mon côté aussi, seule, pendant ce temps-là. D’ailleurs nous le pratiquons toujours lors des week-ends ou pendant les vacances si nous ne sommes pas de sortie. Une respiration essentielle pour moi. Et aussi pour mes enfants.


Un élément qui me paraît aidant et important tout à la fois, c’est la régularité, le fait que ça devienne une habitude. Ça devient moins énergivore en termes de décision, de volonté, d'énergie, ça devient plus facile sur la durée.


Même si ça demande des efforts au début pour que ça soit instauré et pour le faire accepter par vos enfants aussi par exemple. Dans ce cas-là faire comprendre quels sont les bénéfices de ce moment pour chacun peut être utile.


Et vous, est-ce que vous avez déjà pu déterminer à quel moment de la journée c’est le meilleur créneau pour vous ?

Nous arrivons au bout de ce post, je vous laisse avec cette dernière question :

Quand était-ce la dernière fois que vous avez fait une pause ?


Et si vous la preniez maintenant :)

J’aurai plaisir de lire vos retours, si vous le souhaitez, par des commentaires ou en me contactant et je vous retrouve tout bientôt pour un prochain post.


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