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  • Rachel Hemes

Êtes-vous plutôt introvertie ou extravertie ?

Dernière mise à jour : 6 sept.




Aujourd’hui nous allons parler d’introversion, d’extraversion, et surtout d’apprendre à mieux se connaître, mieux s’accepter, mieux valoriser nos manières différentes de fonctionner.


Plus jeune je pensais que j’étais plutôt extravertie,

car je me disais que j’aimais les gens et passer du temps avec eux. Ce que je ne réalisais pas c’est le nombre d’heures seule que j’avais à ma disposition: je pouvais me retirer dans ma chambre quand je le souhaitais, je pouvais y lire pendant des heures, ou écouter de la musique, écrire… Alors oui, c’est sûr, une fois ce temps passé, j’avais envie de voir du monde ;)


Et puis on se définit soi-même aussi en comparaison avec les personnes qui sont autour de nous: j’ai eu dans ma famille des personnes qui avait encore plus besoin de solitude que moi. Puis cela a été en contraste avec mon conjoint où forcément on n’est pas totalement aligné : il y en aura toujours un qui aura plus envie de contacts sociaux que l’autre par exemple…


C'est donc plus tard, à l’arrivée de mes enfants, où j’ai constaté mon besoin – vital !!! – d’avoir du temps seule pour me ressourcer.

Car là, tout d’un coup, ce n’était plus aussi simple qu’avant d’en bénéficier et de trouver ces moments ! J’ai dû m’avouer à moi-même qu’autant j’aime les gens et passer du temps avec eux, autant cela me prend de l’énergie et ensuite j’ai besoin de temps seule pour récupérer et me recharger.


En devenant maman, ce besoin est donc devenu criant et j’ai dû réadapter ma vision de moi-même : m’accepter comme je suis, avec mes limites, et organiser mon quotidien en fonction ! Je vous en parle en quelques phrases mais vous pensez bien que c’est un chemin et je ne dis pas que je suis arrivée, je suis simplement un peu plus loin qu’il y a quelques années ;)


Il faut savoir que nous pouvons évoluer et changer un peu

mais il semble que cet aspect de notre tempérament, c’est-à-dire la tendance introvertie ou extravertie, ne va pas se modifier totalement. On peut se « stretcher » et développer des compétences dans le profil qui nous est moins familier, cependant on ne deviendra pas un extraverti si on est à tendance introvertie, ni l’inverse…


Selon Laurie Helgoe *, l’introversion est une orientation vers l’intérieur de la vie et l’extraversion vers l’extérieur.


Bien qu’on ait des traits des deux orientations l’une nous est plus familière, plus confortable, plus intéressante et plus énergisante que l’autre.

Elle nous dit : « Les introvertis préfèrent l'introversion ; ils ont tendance à gagner de l'énergie en réfléchissant et à en dépenser lors des interactions. Les extravertis ont la préférence opposée ; ils ont tendance à gagner de l'énergie en interagissant et à dépenser de l'énergie en réfléchissant. »


Elle relève aussi avec humour que nous pourrions trier les introvertis et les extravertis en invitant tout le monde à une fête et en notant simplement l’heure à laquelle chacun part ;-) Alors je ne sais pas si ça fonctionne à chaque fois, sûrement pas ;-) Peut-être que certains introvertis ne seraient même carrément pas là ;-) Mais ça donne une indication, et personnellement je sais bien dans quelle tendance je suis ;) et vous ?


À mentionner aussi qu’il s’agit d’un continuum,

vous pouvez dessiner une ligne dans votre tête avec d’un côté l’introversion et de l’autre l’extraversion, et nous nous situons tous à quelque part sur cette ligne, plus ou moins proche d’un extrême ou du centre… D’ailleurs, il y a même un terme pour le centre : l’ambiversion, où il semblerait que certains d’entre nous nous trouvons aussi…


Ce qui me parait intéressant c’est de découvrir la tendance dans laquelle nous sommes, non pas pour se coller une étiquette ou se mettre dans une case - je déteste ça, personnellement - mais pour pouvoir mieux se connaître, et ainsi définir ce qui nous convient pour pouvoir fonctionner au mieux !


En effet, selon des études faites par Kagan relatées par Susan Cain *

nous n’avons pas le même niveau de réactivité.


Il semble que de manière générale (sans en faire une vérité absolue, car il y a toujours des exceptions) les personnes introverties ont un tempérament plus réactif.

Cela veut dire qu’elles perçoivent plus de choses par leurs sens, et qu’elles vont donc plus facilement être submergées par toutes les informations et les stimulations autour d’elles. A l’inverse (de nouveau de manière générale) une personne extravertie a un degré de réactivité plus bas, elle ne réagit pas aussi fortement face à la nouveauté, à ce qui se passe autour d’elle. En d’autres termes elle a un système nerveux moins sensible à la nouveauté.


Selon les observations de Kagan, un enfant très réactif utilise littéralement plus de mouvements oculaires que les autres pour comparer les choix avant de prendre une décision. Il a également tendance à réfléchir et à ressentir profondément ce qu'il a remarqué et à apporter un degré supplémentaire de nuances aux expériences quotidiennes. Il semble voir et ressentir davantage les choses.


Susan Cain relève ensuite que

l'être humain cherche le niveau de stimulation optimal pour lui-même - ni trop ni trop peu.


La stimulation étant la quantité de données que nous recevons du monde extérieur. De manière générale, on l’a vu, les introvertis sont plus sensibles à divers types de stimulations, ils ont comme des canaux largement ouverts ce qui les inonde facilement de stimulations et les sature. Tandis que les extravertis ont comme des canaux plus étroits, ce qui les rend plutôt sujets à une sous-stimulation.


  • Dans une sur-stimulation: vous n’arrivez pas à penser clairement, vous en avez assez et vous avez juste envie de rentrer chez vous là, maintenant, tout de suite.

  • Dans une sous-stimulation: il ne se passe pas assez de choses, ça vous démange, vous vous sentez agitée ou paresseuse, comme si vous aviez besoin de sortir de la maison.

Ainsi selon qui nous sommes, nous n'avons pas le même niveau de stimulation optimale.


Qu’en est-il pour vous ?

- Qu’avez-vous plutôt tendance à ressentir dans vos journées : une sur-stimulation ? Ou une sous-stimulation ?

- Comment pouvez-vous ré-équilibrer vos journées pour vous donner soit plus d’espace pour être seule et récupérer, soit plus de stimulation pour ne pas vous ennuyer ?


C’est en somme créer des zones idéales dans votre vie, avec des niveaux optimaux de stimulation pour vous-mêmes, afin de passer le plus de temps possible dans votre zone optimale, pour vous permettre de vous sentir plus énergique et vivante !

Pour nous aider aussi en tant qu’introverties,

Laurie Helgoe nous encourage à instaurer des sortes de mini-retraites quotidiennes, pour se retirer, pour prendre un moment de calme et de réflexion. Cela peut être un moment de méditation, de réflexion silencieuse, de marche tranquille ou d’écriture dans votre journal.


L’important selon elle c’est de le ritualiser, qu’il soit intégré dans votre routine quotidienne afin que vous soyez assurées d’avoir au moins un moment pour vous par jour.


- Quelle manière de faire vous nourrit et vous permet cet espace de nettoyage et de ressourcement pour vous-même ?

- Est-ce une activité qui fait partie intégrante de votre quotidien ou pas encore ?

- Si ce n’est pas le cas, comment pouvez-vous la systématiser afin que vous puissiez en bénéficier aujourd’hui et tous les jours suivants ?


Laurie Helgoe nous dit encore :

« Quelles que soient les retraites que vous concevez pour vous-même, faites-les régulièrement. Protégez-les. Mettez-les sur votre agenda. Éteignez votre téléphone. »

Ou pour ce qui est du téléphone : ne le prenez pas vers vous ;-)


Une autre manière de se prendre un moment pour soi,

pour les introverties très occupées et qui ont besoin d’un moment à soi là, tout de suite, c’est la « pause-respiration » comme l’appelle Laurie Helgoe.


C’est comme une barre énergétique et ça consiste simplement à se lever, quitter ce que vous faites (ou ce que vous ne faites pas parce que vous êtes bloquées), et vous rendre dans un autre endroit / pièce.


Là vous pouvez vous détendre et prendre le temps de respirer consciemment. Ça veut dire simplement vous concentrer sur l’influx de l’air par votre nez qui va gonfler votre ventre, puis votre ventre qui se dégonfle et l’air qui ressort par votre nez. Vous pouvez juste observer ainsi votre respiration pendant quelques minutes.


Vous pouvez aussi regarder autour de vous et remarquer quelque chose de nouveau : observer l’activité des oiseaux, de la circulation ou des piétons. Vous pouvez aussi écrire dans votre journal toutes les pensées qui préoccupent votre esprit en ce moment.


Il suffit de 10-15 minutes, puis vous pouvez reprendre votre activité en ayant été renouvelée de l’intérieur, motivée par cela plutôt que par la pression extérieure.

- Est-ce quelque chose que vous faites déjà ?

- Est-ce que ça vous tente d’essayer la prochaine fois que le besoin s’en fera sentir ?

- Quel sera ce lieu « à part » dans le cadre de votre activité et/ ou à la maison ?


Je termine avec cette réflexion que j’ai trouvée très pertinente de l’auteure Laurie Helgoe :

« Dès notre plus jeune âge, la plupart d'entre nous apprenons la valeur des compétences sociales. On apprend à se présenter, à sourire et à être poli. On nous dit d'être amicaux et de nous faire des amis. Ce sont toutes des capacités utiles à développer. Mais combien d'entre nous apprenons la valeur de la solitude ? Combien d'entre nous apprenons à protéger nos frontières, à favoriser l'imagination, à être seuls ? Combien d'entre nous sont encouragés à se retirer de l'activité sociale et à nourrir la vie de l'esprit ? »


 

* Les références des livres, pour celles et ceux que ça intéressent de creuser plus loin :

- Quiet: The power of introverts in a world that can't stop talking (en français La Force des discrets), de Susan Cain

- Introvert Power: Why Your Inner Life Is Your Hidden Strength (en anglais uniquement à ce jour) de Laurie Helgoe


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