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  • Rachel Hemes

4 Questions pour se libérer de nos croyances limitantes

Dernière mise à jour : 15 oct.




Bonjour,

je me réjouis d’aborder avec vous ce sujet des croyances limitantes qui nous concerne tous (!!) et d’un moyen plutôt simple pour nous en libérer.


Pour commencer, une précision langagière s’impose,

quand je parle de croyances limitantes je me réfère non pas à des croyances religieuses ou spirituelles, mais aux pensées qui agissent comme des filtres à notre vision du monde. C’est comme une paire de lunette par laquelle nous filtrons et trions l’information qui se présente à nous. Ces croyances sont construites par notre vécu, nos expériences et nos apprentissages.


Par définition nous prenons ces croyances comme vraies sans les remettre en question et nous y sommes attachés.

Nous avons aussi des croyances facilitatrices,

celles sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour avancer, grandir, et aller vers la vie pleine de sens que nous souhaitons.


Nos croyances limitantes quant à elles nous limitent.

Elles nous empêchent d’oser, de faire, d’être, de progresser, elles nous font peur, elles nous dévalorisent…


Pourtant, ces pensées que nous tenons pour vraies pour diverses raisons nous ont très certainement aidées par le passé en nous protégeant. Cependant il y a des chances pour que les données d’aujourd’hui soient différentes d’alors et ces pensées n’ont plus de raison d’être. Elles en deviennent limitantes car nous avons grandi et cette protection n’a plus de raison d’être, mais elles continuent d’être là et d’être actives.


Ça me rappelle le conte de l’éléphant enchaîné

relatée par le thérapeute Jorge Bucay.


C’est l’histoire d’un éléphant qui, lorsqu’il était bébé, a été emprisonné et attaché par la patte à un pieu. Oh, il a bien essayé plusieurs fois de s’en libérer, plusieurs jours de suite… Mais peine perdue l’attache est trop forte et il n’y parvient pas. Au bout de plusieurs essais, à chaque fois soldés d’un échec pour se libérer il finit par abandonner.


Les années passent, le bébé éléphant grandit et devient un énorme pachyderme fort et puissant. Il est toujours emprisonné et attaché par la même chaîne et le même pieu qui est maintenant devenu ridiculement petit par rapport à lui. Mais il ne tente plus de s’en libérer. Pourtant avec sa force et sa puissance d’éléphant adulte il serait maintenant capable de l’arracher facilement et de retrouver sa liberté. Mais il ne le fait pas. Il croit qu’il n’en est pas capable, que le pieu est plus fort que lui comme lorsqu’il était un bébé éléphant.


En psychologie, ça s’appelle « l’impuissance apprise ».

Et vous, quels sont vos : « je ne peux pas » ?

Vos « je ne suis pas capable » ?


Ces croyances limitantes créent de l’impuissance, de la paralysie, des obstacles sur notre chemin.

Ne pas essayer, c’est se protéger,

à l’image de l’éléphant enchaîné qui n’a plus envie de souffrir d’essayer de se libérer et de ne pas y arriver. Et on peut tout à fait le comprendre.


Et en même temps ne pas essayer ça peut aussi vouloir dire dépérir

et vivre très petitement sa vie autour d’un pieu.


Les croyances limitantes peuvent donc nous concerner de type « j’en suis incapable » ou concerner les autres, le monde.

Nous pouvons les repérer dans notre discours lorsque nous utilisons des mots tels que : tout le monde / personne, jamais / toujours, chaque fois, tout le temps, partout / nulle part...


Quand elles concernent les autres elles sont comme un mode d’emploi

de ce qu’ils devraient ou ne devraient pas faire, de ce que nous attendons des autres ou de comment les choses devraient se passer.


En s’observant on peut constater que l’on souffre beaucoup

en pensant « quand même il pourrait bien faire ça » ou « elle devrait faire ceci »… et que ça ne procure généralement pas du tout le résultat que nous attendons !


Elles sont là aussi limitantes car elles empêchent bien souvent nos relations de s’épanouir. Elles sont des obstacles entre nous et les autres. De plus, elles nous font souffrir car elles ne reflètent pas la réalité.


Pour Katie Byron* la souffrance survient dès lors que nous nous attachons à nos croyances qui sont en décalage avec la réalité. Par exemple, je pense qu’elle devrait m’encourager et comme dans la réalité elle ne le fait pas, et bien je souffre.


Katie Byron nous propose une méthode toute simple

pour questionner nos croyances et nous en libérer.


En premier lieu il s’agit d’écrire tous nos jugements, nos reproches, nos pensées…

D’après elle, il est plus facile de commencer par ce que nous reprochons aux autres puis, une fois que nous nous sommes familiarisés avec ce processus, de l’appliquer aux reproches que nous nous adressons à nous-même.


Donc laisser libre cours à nos reproches à autrui - pas à l’autre directement attention ! - mais par écrit, pour nous-même.


- Qu’est-ce que l’autre a fait ou dit ?

- Comment vous êtes-vous sentis et qu’avez-vous pensé ?

- De quelle façon aimeriez-vous que cette personne change ? De quelle façon aimeriez-vous qu’elle agisse ?

- Quels conseils aimeriez-vous donner à cette personne ? Que devrait-elle ou ne devrait-elle pas faire ?

- Dans cette situation, que voulez-vous ne plus jamais revivre ?


Une fois que c’est fait, nous pouvons choisir une phrase

une critique, une affirmation, un jugement que nous avons émis envers l’autre et le passer au tamis des quatre questions de Katie.


Ces 4 questions, les voici :

1) Est-ce vrai ?

2) Est-ce que je peux absolument être sûre que c’est vrai ?

3) Que se passe-t-il lorsque je crois cette pensée ?

4) Que se passerait-il sans cette pensée ?


Pour illustrer ce processus, je reprends l’exemple de phrase : « elle devrait m’encourager ».

1) Est-ce vrai qu’elle devrait m’encourager ? Oui… c’est ce que je pense ;)

2) Est-ce que je peux absolument être sûre que c’est vrai qu’elle devrait m’encourager ? Non… en fait elle n’y est pas obligée… et dans la vraie vie ce qui se passe c’est qu’elle ne le fait pas.

3) Que se passe-t-il lorsque je crois cette pensée qu’elle devrait m’encourager ? Je suis fâchée de ne pas recevoir ses encouragements, déçue aussi, découragée d’autant plus…

4) Que se passerait-il sans cette pensée qu’elle devrait m’encourager ? Je me sentirai apaisée, tranquille à l’intérieur et également en paix dans ma relation avec elle.


Une fois que nous avons répondu aux quatre questions, nous pouvons passer aux renversements.

Il s’agit de retourner l’affirmation de base et de se demander à chaque fois si cette nouvelle affirmation est également vraie voire même plus vraie que celle d’origine.


On peut procéder à des renversements : vers soi, vers l’autre, et à l’opposé.


Vers soi :

on remplace le « il ou elle » par « je ». Par exemple « elle devrait m’encourager » devient « je devrais m’encourager ». Je peux réfléchir à des exemples qui montre que cette affirmation est également vraie, voire même plus vraie que l’originale. Si elle ne fait pas sens pour moi, ce n'est pas grave, je peux passer au renversement suivant. Dans mon cas oui, c’est vrai, je devrais m’encourager et je ne le fais pas nécessairement. Peut-être même est-ce lié à ça que j’attends autant que ça vienne de l’extérieur ?


Le renversement vers l’autre :

la phrase « elle devrait m’encourager » devient « je devrais l’encourager ». Est-ce que je l’encourage dans ses défis et projets ? Ben non, pas toujours… parfois. Effectivement je pourrais moi-même être plus attachée à être encourageante envers elle.


Le renversement à l’opposé donnerait :

« elle ne devrait pas m’encourager ». Effectivement, elle ne le devrait pas puisqu’elle ne le fait pas. Elle n’y est pas obligée, tout comme je ne suis pas obligée de le faire envers qui que ce soit. C’est un choix, une liberté de chacun.


Attention, le but de ces renversements n’est pas de se blâmer ni de culpabiliser !!! Simplement de trouver des alternatives à la pensée d’origine susceptible de nous apporter de la paix.


Le fait de passer notre croyance limitante dans le tamis des quatre questions, puis des renversements, ça va produire un changement en nous.

En questionnant et en renversant ce que nous prenions comme une vérité, ça va induire un décalage, une mise à distance, un autre angle de vue… qui peut permettre un changement de cette croyance limitante.


Le mieux c’est de pouvoir l’expérimenter pour soi-même !

- Prenez une pensée qui vous fait souffrir.

- Passez-là au tamis des quatre questions.

- Renversez-là.

- Et voyez ce que ça produit en vous.


Nous pouvons utiliser ce processus dès lors qu’une émotion désagréable surgit.

L’émotion est comme un signal d’alarme, on peut alors se demander : y a-t-il une pensée qui m’agite en ce moment ?

C’est à ces moments-là que les quatre questions de Katie peuvent nous être utiles.


Une fois encore - et vous allez peut-être vous dire que je me répète - et c’est le cas, je le répète : le passage par l’écrit peut vraiment nous aider !

Surtout au début et pour nous permettre d’intégrer ces questions.


Si cela vous a plu et que vous souhaitez aller plus loin, je vous conseille le livre de Katie Byron « Aimer ce qui est » qui est riche en explications et en exemples des quatre questions appliquées.


Vous pouvez aussi faire appel à moi pour un coaching : travailler avec une tierce personne peut vraiment être aidant pour avancer et dépasser des croyances bloquantes.


 

* La références de livre, pour celles et ceux que ça intéressent de creuser plus loin :

- Loving what is (en français Aimer ce qui est), de Katie Byron.


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