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  • Rachel Hemes

Est-ce orgueilleux de s'estimer ?

Dernière mise à jour : 10 juin



J'ai l'impression d'avoir souvent entendu des mises en garde autour de l'orgueil : ne pas avoir la grosse tête, ne pas se prendre pour quelqu'un que l'on n'est pas, ne pas se croire meilleure que les autres, ne pas attirer l'attention sur soi, ne pas se vanter, faire profil bas...

Loin de moi l'envie de jeter le bébé avec l'eau du bain ;) cependant j'ai le sentiment que cette emphase contre l'orgueil a été - est encore par moment - un frein dans ma vie.


Je suis allée chercher une définition de l'orgueil, la voici : "un sentiment exagéré de sa propre valeur, estime excessive de soi-même, qui porte à se mettre au-dessus des autres".


Ainsi, il est question d'estime de soi - exagérée dans le cas de l'orgueil - mais de quoi s'agit-il exactement ? L'estime de soi est décrite par Christophe André comme :


"Le mélange des regards et des jugements que je porte sur moi et du jugement de moi sous le regard des autres."

Nous pourrions rapprocher l'orgueil à une surestime de soi (une haute estime).

En creusant un peu - entre autre dans l'excellent livre "Imparfaits, libres et heureux" de Christophe André que je vous recommande d'ailleurs ! - il se révèle qu'une haute estime de soi est une estime toute aussi vulnérable qu'une basse ! Surprenant, n'est-ce pas ?


Haute estime ou basse estime, ces deux extrêmes sont des boiteries de l'estime de soi...

Voyons maintenant quels sont les symptômes de souffrance de l'estime de soi :

obsession de soi ; tension intérieure ; sentiment de solitude ; sentiment d'imposture ; comportement inadéquat ; tendance à l'aggravation lorsqu'on va mal ; procéder à des choix contraire à nos envies ; difficulté à demander de l'aide ; dépendance excessive envers les normes ; faire semblant d'être fort, faible ou indifférent ; tentation du négativisme (ne voir que les mauvais côtés, les choses sombres et tristes) ; problème avec la remise en question (trop permanente ou impossible) ; caractère excessif des émotions négatives...


Un tableau qui ne donne pas tellement envie... Et dans lequel, je suis quasiment sûre, nous pouvons toutes nous retrouver à un moment donné de notre vie.


Ces manifestations sont adéquates tant qu'elles sont occasionnelles, les oscillations de l'estime de soi étant normales.

Cela devient par contre un problème lorsqu'elles deviennent récurrentes et omniprésentes.


En parlant de l'orgueil au tout début de cet article, c'est toute une liste de ce qu'il "ne faut pas" être ou faire qui m'est venue en tête. Et concrètement, dans ma vie,


je me suis construite avec ces "il ne faut pas" et j'ai eu tendance à développer l'inverse :

minimiser ce que je sais bien faire, me sentir gênée par les compliments et avoir de la peine à les accepter, ne pas oser me proposer ou prendre d'initiatives, ne pas oser prendre de risques, éviter d'être trop visible si c'est possible, me sentir exagérément remise en question suite à une critique (oui du coup, l'estime est bien fragile et cherche à se défendre)...

En somme j'assimilais tout regard ou pensée positive que je pouvais avoir sur moi-même comme de l'orgueil. Par contre aucun problème pour voir tout ce qui n'allait pas, ce qui me manquait, ce qui n'était pas assez. J'entretenais une insatisfaction de moi-même : je n'étais pas dans l'orgueil (mission accomplie !) mais c'était clairement un rapport à moi-même tout aussi boiteux (tuuuut, tuuuut, alerte rouge !).


Je sais maintenant qu'une bonne estime de moi est indispensable !


Indispensable pour pouvoir me mettre en action, avoir un impact autour de moi, pouvoir faire "ce pour quoi je suis faite", développer des relations paisibles et harmonieuses, me sentir bien avec moi-même et dans ma vie, pour pouvoir me relever face à un échec et simplement le considérer comme une étape...


Et j'insiste, une bonne estime de moi, je ne parle pas d'un excès ni d'une absence.

Etre capable de voir mes talents, mes forces, les belles choses en moi tout autant que mes défauts, mes imperfections, mes faiblesses. Avoir un regard bienveillant, lucide, doux et ferme sur moi.


L'orgueil, tout comme l'estime au ras des pâquerettes, est une vision tronquée de nous-mêmes : nous refusons de voir nos manquements ou nos points forts.


A mon sens, dans une bonne estime de soi, nous sommes capables de nous voir en entier, et de nous accepter ainsi calmement. Nous accepter non pas pour se résigner, pour nous aduler ou pour nous excuser.


Nous accepter pour nous permettre de nous sentir bien et nous donner un point de départ à partir duquel continuer à progresser...

Et qu'en est-il de vous et de votre propre estime ? Bataillez-vous aussi à vous construire une estime saine qui ne soit ni orgueilleuse ni inexistante ?



Pour terminer, voici un exercice pour vous permettre de faire un petit point avec vous-même :

Ci-dessous, j'ai repris une énumération de Christophe André qui décrit comment se manifeste concrètement une bonne estime de soi.


Lisez-la en vous posant honnêtement les questions :

Est-ce que j'y parviens ? A quel point ? Dans quels contextes ?

Est-ce que j'ai une marge de progression ?


"L'estime de soi, c'est de me montrer capable de :
  • Dire ce que je pense.

  • Faire ce que je veux.

  • Insister quand je me heurte à une difficulté.

  • Ne pas avoir honte de renoncer.

  • Ne pas me faire avoir par la pub et les modes.

  • Rire de bon cœur si on me chambre gentiment.

  • Savoir que je peux survivre à mes échecs.

  • Oser dire « non » ou « stop ».

  • Oser dire « je ne sais pas ».

  • Suivre mon chemin, même si j’y suis seule.

  • Me donner le droit d’être heureuse.

  • Me sentir digne d’être aimée.

  • Supporter de ne plus être aimée, même si ça me rend malheureuse sur le moment.

  • Me sentir tranquille avec moi-même.

  • Dire « j’ai peur » ou « je suis malheureuse » sans me sentir rabaissée.

  • Aimer les autres sans les surveiller ou les étouffer.

  • Faire de mon mieux pour réussir ce que je veux réussir, mais sans me mettre la pression.

  • Me donner le droit de décevoir ou de rater.

  • Demander de l’aide sans me sentir pour autant inférieure.

  • Ne pas me rabaisser ni me faire du mal lorsque je ne suis pas contente de moi.

  • Ne me pas me sentir envieuse de la réussite ou du bonheur des autres.

  • Savoir que je peux survivre à mes malheurs.

  • Me donner le droit de changer d’avis après réflexion.

  • Faire preuve d’humour sur moi-même.

  • Dire ce que j’ai à dire, même si j’ai le trac.

  • Tirer les leçons de mes erreurs.

  • Me mettre en maillot de bain même si mon corps n’est pas parfait.

  • Me sentir en règle avec les blessures de mon passé.

  • Ne pas avoir peur de l’avenir.

  • Trouver que je suis quelqu’un de bien, avec ses qualités et ses défauts.

  • Sentir que je progresse et que je tire des leçons de la vie.

  • M’accepter telle que je suis aujourd’hui sans renoncer pour autant à changer demain.

  • Et enfin, arriver à penser à autre chose qu’à moi..."

Notez maintenant vos réflexions, vos forces et vos points d'efforts.

Prendre conscience d'où nous en sommes est déjà la première étape pour pouvoir initier un changement. Et le fait d'écrire - plutôt que de juste le garder dans notre tête - génère une mise à distance et nous permet de pouvoir nous observer.



Je tenais encore à vous dire qu'une bonne estime de soi est un idéal vers lequel tendre et un muscle à entretenir... Surtout ne nous décourageons pas, continuons notre chemin et de prendre soin de notre propre chantier :)


"Un ego en bon état de marche est un outil précieux pour la survie et la qualité de vie."

Christophe André



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