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  • Rachel Hemes

9 Clés pour mettre ses limites dans une relation

Dernière mise à jour : 10 juin




Dans ce post, je vais vous parler des limites dans les relations, pourquoi ça peut être difficile de les poser, quelles sont leurs utilités, et comment nous entraîner à les mettre.


Pour commencer, plongeons dans le sujet avec ce qui nous retient de poser des limites :


La peur d’être seul.e, rejeté.e, abandonné.e, exclu.e

Une peur à laquelle on va tous faire face. Une peur ancestrale car être seul.e pour nos ancêtres, c'était être voué à mourir ! Il fallait être en groupe, s’organiser, coopérer pour pouvoir survivre... On n’est pas fait pour être seul.e.


Pour notre cerveau, tout ce qui nous menace d’être rejeté.e, abandonné.e ou exclu.e est donc à éviter !

Ses peurs sont à considérer et c’est important de s’y confronter afin de pouvoir les dépasser et ne pas rester bloqué.e par elles, afin de nous redonner de la liberté d’action.


Derrière cette peur d'être seul.le, rejeté.e il y a la crainte d’une rupture, d’une séparation, d’une distance… En effet poser une limite met une distance entre l’autre et moi. Je ne suis alors plus dans la fusion, dans cette illusion que l’autre et moi puissions être parfaitement connectés, d’accord, collés, alignés sur tout. Sans doute un fantasme qui remonte de loin… et une envie profonde d’être rejoint.e, compris.e, aimé.e pleinement et complètement. Cette soif qui est inscrite au plus profond de nous et qui ne peut être comblée par un autre être humain, qui est tout autant limité et abîmé que nous !


Pour dépasser cette crainte de la distance entre l’autre et moi, il y a cette illusion de la fusion à abandonner.

Pour qu’une relation fonctionne – quelle qu’elle soit avec notre conjoint, nos enfants, nos amis – il y a besoin d’un espace entre l’autre moi. Un espace pour souffler, un espace pour bouger, un espace pour être soi, un espace pour laisser à l’autre la possibilité d’être lui, différent de moi.


Un espace pour se rapprocher, pour s’éloigner, se rapprocher à nouveau. Il y a toujours ce mouvement de va-et-vient entre l’autre moi et pour qu'il soit possible, il y a besoin d’un espace.


On veut aider l’autre, le sauver.

Quand on voit quelqu'un qui a besoin de nous, on aide et en le faisant on se sent bien, on se sent indispensable, on se sent utile… Cela part d’un bon sentiment ! (Et je ne suis pas en train de vous dire de ne pas le faire ;)) Sauf que lorsque cela devient habituel de "faire à sa place" nous entretenons aussi l’autre dans son incapacité, ou du moins dans sa croyance qu’il ne peut pas faire par lui-même, qu’il ne peut pas apprendre, pas grandir, qu’il a besoin de nous pour ceci ou cela... : bref, on entretient le problème.


Ici, ce qui nous retient c’est nous-même, car on a envie d’aider et ça nous fait du bien d’aider.


On espère que l’autre va remarquer que ça ne va pas et changer de lui-même.

C’est sans doute possible parfois. Cependant rappelons-nous que la motivation à changer va être beaucoup plus forte pour celui pour qui la situation pose problème. Pour l’autre, si c’est confortable, si il n'y a pas d’effort à faire, qu'il n'y a pas de frottement, pas de conséquence : quelle va être sa motivation à changer ? Il a plutôt beaucoup à perdre selon son point de vue…


Et il faut dire qu’il est plus facile de se changer soi-même plutôt qu’essayer de changer l’autre ;) Avez-vous déjà essayé ? ;)


En réalité se changer soi-même, c’est même la seule possibilité et d’une manière systémique, comme dans un mobile, si je bouge, le mobile bouge aussi… Si je change, l’équilibre de la relation bouge, l’autre a passablement de chance de changer lui aussi ! Comment ? Ça, c’est hors de ma portée ;)


On n'a pas appris à dire « non »… On a peur de la réaction de l’autre, de le blesser… On n'a pas appris à entendre un « non » et savoir qu’en faire.

On interprète un « non » comme une fermeture, on prend ça personnellement, contre nous. Alors que quand la personne me dit « non », en réalité elle dit « oui » à un autre de ses besoins, cela parle d’elle et non pas de moi.


De même que lorsque je dis « non » je parle de moi, de mes besoins, pour mes besoins, et non pas contre l’autre…


 

Le mot relation suppose le lien entre 2 éléments comme « la relation de cause à effet », il y a la cause, il y a l'effet et la relation qui est le lien entre les deux. Dans le cadre de nos contacts humains, cela suppose 2 êtres différents.


L’autre, par définition est autre, étranger, différent de qui je suis. Je suis une entité à part, non pas confondue avec l’autre. Il y a une limite irréductible, qui est déjà là de soi.


Une limite c’est une démarcation de propriété.

Ce n’est pas un mur, ni une barrière empêchant l’intimité ou même de l’égoïsme. Tout comme votre jardin peut être entouré d’une barrière pour marquer la fin de votre jardin et le début de celui de votre voisin, les limites personnelles distinguent ce qui est chez vous et ce qui est à quelqu’un d’autre. On ne les voit pas mais on les ressent, spécialement lorsque quelqu’un les franchit.


Selon Cloud et Townsend psychologues, les limites impliquent la liberté et la responsabilité.

  • La liberté de faire des choix basés sur nos valeurs, plutôt que choisir en fonction de la peur ou de la culpabilité.

  • La responsabilité de nourrir la relation, d’être responsable de sa partie de la relation et de se positionner face aux comportements blessants ou inappropriés.

Je suis responsable à 100% de ma partie : je suis responsable de ce que je dis, de ce que je fais, de comment j’agis, de mon attitude, de comment je me positionne, de comment j’écoute, de mes émotions, de prendre soin de mes besoins.


Je ne suis pas responsable de comment l’autre va réagir, de ses émotions, de ses besoins, de ce qu’il dit ou fait. Cela lui appartient à lui.


Les limites c’est avoir une consistance.

C’est ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas, ce avec quoi nous sommes d’accord et ce que nous n’acceptons pas, ce que nous aimons et ce que nous détestons.

C’est se donner la possibilité d’être vu, d’être aimé… ou pas.


Les limites peuvent se manifester de différentes façons :

  • En disant non

  • En s’exprimant avec authenticité : par ex. avec le processus de la Communication Nonviolente

  • Par de la distance : physique, géographique, émotionnelle, relationnelle…

  • Par la présence d’autres personne.


Les limites et les exprimer ne veut pas dire que la relation va mal, au contraire, les conflits, et les conflits autour des limites, sont une partie normale des relations !

En ce sens, on pourrait même dire que les limites sont là pour préserver la relation et non pour la terminer.


Les limites sont une protection.

Elles nous protègent en laissant les autres connaître ce que nous tolérons et ce que nous ne tolérons pas. Elles protègent nos émotions, nos valeurs, nos comportements et nos attitudes, ce qui fait de nous ce que nous sommes, et ce que nous vivons.


Quand on place des limites ce n'est pas pour faire fuir l’autre et le tenir éloigné de soi, c’est plutôt pour garantir un cadre qui nous convienne aux deux.


 

Passons au côté pratique et aux 9 clés pour s'entraîner à poser ses limites :


1) Reconnaître les indicateurs lorsqu’une de mes limites a été dépassée


L'émotion de la colère nous aide car elle se manifeste lorsque je vis un dommage envers mon corps, mes proches, mes valeurs, mes désirs… ou lors d'un franchissement de mes limites.


Je cite Chernet formateur et coach « La colère nous permet d’avoir de l’impact, de mettre des limites ; elle nous donne la force de nous affirmer, elle nous permet de dire un « non » ferme. Le ressenti de la colère sera souvent l’élément le plus important pour nous permettre de changer quelque chose qui ne nous convient pas dans la vie. »


Il s'agit d'accueillir la colère et de la transformer car on ne veut pas qu’elle devienne violence, contre nous-même ou contre l’autre. Elle est utile car elle nous donne des indications précieuses !


Pour la transformer nous pouvons utiliser le journaling : écrire ce que nous vivons, décortiquer notre colère, comprendre les besoin sous-jacents.

Ou pratiquer l'écoute de soi comme je le détaille dans le post "Développer l'affirmation de soi".


2) Une autre émotion précieuse pour nous aider : la peur


La peur est une émotion anticipatrice d’un danger, d’une menace, d’un risque d’atteinte à notre sécurité personnelle ; elle vient nous donner des indications importantes à prendre en compte.


L’écouter, comprendre ce qui nous fait peur : est-ce que je fais face à un réel danger ou est-il dans ma tête ?


Je peux ensuite choisir de le communiquer à l'autre, par exemple pour poser mes limites avant même que l’atteinte soit faite.


C’est aussi faire confiance à notre intuition, nos ressentis dans la relation, sentir quand « quelque chose » nous met mal à l’aise, nous bloque, nous dérange… Et si cela génère en nous des émotions de peur c’est qu’il y a des éléments importants à apporter à notre conscience.


Ensuite c'est faire preuve de courage pour prendre ses responsabilités et aller en parler à la personne concernée.


3) Le positionnement intérieur


Avez-vous déjà remarqué quand votre intention est claire comme cela le devient également pour l’autre ?


Par exemple, c'est assez évident avec les enfants lorsque la limite n’est pas claire et qu'ils sentent alors un flou, une indécision, une possibilité de changement d’avis, ils vont en général insister (en tout cas les miens ;)


Tandis que si je suis alignée et très au clair si je suis d’accord ou pas, alors je communique la règle d’une telle façon qu'elle va être perçue différemment et ils ne vont alors pas insister.


Ce positionnement intérieur se travaille. Personnellement, ce qui m'aide c'est de m'accorder un instant de réflexion, par exemple en disant « J’ai besoin de temps pour réfléchir avant de te donner ma réponse » ou « Je vais y réfléchir » afin d’éviter d’être coincée à devoir rendre une réponse sur l’instant alors que je ne sais pas – encore – ce que je pense, ressens et ce que je veux décider à ce propos.


4) Laisser à l’autre sa part de responsabilité : ses émotions, ses besoins


On peut bien sûr aider et contribuer au bien-être de l’autre. Cependant on le fait en sachant qu'à la fin c’est l’autre qui est responsable pour lui-même et non pas moi.


C’est aussi lui permettre de faire face aux conséquences de ses actes, ce qui est un cadeau même si c’est difficile, car c’est pour lui la meilleure façon d’apprendre.


5) Travailler notre estime de soi, notre confiance en nous, notre affirmation de soi


Quand on est bien stable dans ces chaussures, cela paraît plus simple de se positionner que lorsque nous sommes en équilibre instable…


Investir du temps, de l’énergie, des efforts pour cela nous rendra service et sera un atout considérable.


6) Expérimenter de dire non


De nous positionner pour commencer sur des petites choses … pour nous entraîner là où il n’y a pas beaucoup d’enjeux pour moi et pour l’autre. Muscler notre capacité à nous positionner, à accepter ou à refuser.


Muscler notre capacité à entendre un « non » sans nous sentir attaqué personnellement. L’entendre pour ce qu’il est, un non, tout simplement, ni plus ni moins.


7) Se rappeler que nous avons toujours un droit de revenir sur quelque chose qui s’est passé, qui s’est dit, qui s’est fait


ll n’y a pas de péremption, et même si sur le moment nous n’avons pas su, pas pu, dire ou agir d’une façon que nous le souhaitions, ne pouvons toujours revenir auprès de la personne et le lui exprimer (même si je vous conseille d’abord de bien clarifier pour vous-mêmes et de travailler ce que vous souhaitez exprimer).


8) Développer l’honnêteté envers nous-même et dans la relation


Etre honnête et communiquer ce qui nous a blessé, dérangé, … Etre honnête avec l’autre quand quelque chose s’est mal passé ou dans le cas d’un conflit, pour permettre de résoudre la situation.


La réaction et la réponse de l’autre à votre honnêteté vous en apprendra beaucoup sur lui.


9) Apprendre à poser nos limites de manière non agressive


Les exprimer d'une manière où nous nous engageons dans notre camp, pour nos besoins et non pas en guerre contre l’autre.


Pour cela on peut s’intéresser à développer la Communication NonViolente qui peut se travailler au travers d'un stage, par des livres, par un coaching ou par l’atelier que je donne sur l’affirmation de soi.


 

J’aurai plaisir de lire vos retours, si vous le souhaitez, par des commentaires ou en me contactant et je vous retrouve tout bientôt pour un prochain post.


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