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  • Photo du rédacteurRachel Hemes

Déjouons les pièges de l'interprétation

Dernière mise à jour : 25 oct. 2023




Dans l'article précédent « La Clé des Deux Niveaux de Communication » je partageais avec vous que lorsque nos relations sont compliquées nous avons tendance à interpréter majoritairement négativement ce que dit ou fait l’autre.


Les interprétations sont une partie des parasites

qui peuvent venir brouiller notre communication et nos relations avec les autres. Nous allons nous pencher d’un peu plus près pour découvrir ce qu’elles sont et quelles sont les issues que nous pouvons y trouver.


Imaginons deux personnes : Barbara et Jessica.

Elles sont amies et se connaissent bien. Barbara a une certaine perception de leur amitié. Jessica a la sienne. Et à cela s’ajoute le "comment Barbara imagine que Jessica voit leur amitié". Et pareil du côté de Jessica. C’est à ce niveau que se situe les interprétations, les prêts d’intention et la lecture de pensée qui viennent parasiter les relations. C’est le « comment j’imagine que tu penses ou que tu ressens ». C’est une faculté qui nous est bien utile qui nous permet d’analyser, de chercher à mettre du sens, à comprendre les attitudes et comportements des autres, pour que nous puissions nous y adapter.


Ce mécanisme d’interprétation de ce qui se passe autour de nous est normal. Le souci c’est lorsque nous confondons nos pensées sur la réalité avec la réalité elle-même.

Ainsi quand Barbara pense : "Jessica ne m’a pas répondu depuis plusieurs jours, je ne compte pas pour elle." C’est une interprétation.


Lorsque Jessica pense : "Barbara me parle tout le temps de sa super collègue Camille, elle le fait exprès pour me rendre jalouse." C’est un prêt d’intention.


Et quand Barbara pense : "Je sais très bien ce que Jessica pense et pourquoi elle réagit comme ça !" C’est une lecture de pensée.


Nous y sommes tous sujets et tombons facilement dans ces pièges,

et alors nous sommes persuadés que notre point de vue est la réalité. La seule réalité. Et nous oublions bien vite que notre point de vue n’en est qu’un parmi d’autres, et que l’autre personne a bien des chances d’en avoir un différent dont il est persuadé que c’est la réalité également.


Le problème aussi avec les interprétations,

les prêts d’intention et la lecture de pensée c’est que nous les gardons pour nous même au lieu de prendre de la peine de les vérifier auprès de la personne concernée. Et c’est ainsi que nous pouvons nous construire tout un scénario … juste dans notre tête !


Ces mécanismes ne sont en fait que des suppositions, des hypothèses.

Et dans notre relation avec les autres nous ne pouvons avoir que cette certitude : l’autre est autre. Il n’est pas moi, il est différent de moi. Je ne suis pas dans sa tête ni dans ses souliers.


Comme le dit Christophe Carré *, auteur et médiateur :

« L’autre sera toujours mystérieux, avec sa part d’inconnu, d’inexplicable, d’ombre, de mystère. »

« La carte n’est pas le territoire »

C'est un postulat de la PNL (la Programmation Neuro Linguistique) qui résume bien ce nous venons de voir ensemble.


La carte est une image qui essaie de rendre compte de la topographie du territoire et de ses sentiers. Elle est une représentation du territoire.


Le territoire est ce qu’il est et ne peut être limité par l’image qu’en donne la carte, il est bien plus que cela, bien plus complexe et nuancé.


C’est la même chose avec nos interprétations et la réalité.

Nos interprétations ne sont que des images, que des représentations mais elles ne sont pas la réalité.

Les interprétations de Barbara et Jessica ne sont que des représentations qu’elles ont de l’autre ou de leur relation. Interprétations qui peuvent être bien éloignées de ce que l’autre pense et ressent réellement.


D’ailleurs au final les interprétations, les prêts d’intention et la lecture de pensées risquent de mettre un terme à la relation. Si je crois déjà savoir le point de vue l’autre à quoi bon le lui demander. La relation, l’échange n’a plus lieu d’être.


Alors rappelons-nous que nous ne détenons pas la vérité, que nous pouvons nous tromper, que notre point de vue n’est qu’un point de vue justement et qu’il est limité.

Pour désamorcer ce mécanisme des interprétations,

je vous propose quelques possibilités que j’ai aussi personnellement expérimentées :


  • Prendre conscience que je suis en train d’interpréter en faisant la différence entre les faits et mes pensées. Les faits se résument à ce qu’une caméra pourrait filmer. Les pensées c’est tout le scénario que je construis dans ma tête à partir de là. Pour nous aider à clarifier on peut passer par l’écrit : une colonne pour les faits, factuels et descriptifs et une autre colonne pour nos pensées.

  • Nous pouvons ensuite nous poser une première question : si j’imagine qu’une personne différente se comporte pareillement, mon interprétation serait-elle la même ?

  • Puis nous pouvons imaginer d’autres suppositions ou hypothèses possibles à partir des même faits. Pour cela on peut en parler avec une personne de confiance et lui demander quelle est son interprétation. Voire chercher avec elle d’autres hypothèses possibles. On peut aussi le faire seul par écrit et lister les différentes suppositions que nous pourrions avoir. Cette étape nous permet de créer une distance avec nos pensées d’origine, de pouvoir les regarder d’un peu plus loin. Nous pouvons nous poser ces questions pour nous y aider : Quelles sont les autres interprétations possibles ? Dans la même situation, comment une autre personne que je connais verrait-elle les choses de son point de vue à elle ? Et dans quelle mesure ma première interprétation est-elle plus crédible que les autres ?

  • Enfin, nous pouvons privilégier la discussion directe avec la personne concernée sans laisser trop de délai. Oser poser des questions et demander à l’autre ce qu’il se passe dans sa tête, ce qu’il ressent, le sens de ses actes. Écouter, accueillir et dialoguer avec l’autre. Pour les fois où je me suis sentie amenée à le faire j’ai réalisé combien j’étais à côté avec mon interprétation d’origine…



Voilà, je vous souhaite de bonnes démarches pour ne plus être à la merci de vos pensées et de vos interprétations et de pouvoir vivre des relations saines et joyeuses qui en soient libérées !


Et si cela s’avère trop difficile à appliquer, je suis aussi à votre disposition pour vous permettre de passer de la théorie à la pratique. Un coaching peut vraiment être une aide pour implémenter des changements concrets, n’hésitez pas à me contacter pour que nous puissions en discuter.


A tout bientôt !


 

Pour aller plus loin


* La référence du livre : 

Et si le bonheur c'était les autres ?, de Christophe Carré.


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