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  • Rachel Hemes

3 Clés pour être bienveillante envers soi




De mon expérience, elle n’est pas si évidente cette bienveillance envers soi.

C'est pourquoi dans ce post nous verrons 3 Clés pour nous permettre de l'exercer et de nous l'approprier.


La bienveillance me paraît plus facile à donner à autrui qu’à moi-même. Et d’ailleurs j’en ai plus souvent entendu parler ainsi : orientée vers les autres. Et c’est une bonne chose car bien que j’aie dit que cela me paraissait plus facile, ce n’est pas si facile et il peut même nous être difficile d’être bienveillant, surtout lorsque l’autre ne correspond pas à ce que j’attends, lorsqu’il vient me heurter d’une manière ou d’une autre.


La bienveillance est déjà un challenge à donner à autrui, très clairement !

Cependant, pour ce qui me concerne, une fois les émotions passées et digérées, j’ai tendance à porter un regard plus compréhensif sur l’autre que sur moi. Pour la même « erreur » je vais avoir tendance à comprendre et pardonner plus vite à autrui qu’à moi-même.


Comme si le fait d’être dure, de me déprécier, de m’en vouloir, de me critiquer durement m’aiderait à changer…

Bon en tout cas chez moi ça ne fonctionne pas très bien !

Par contre je subis bel et bien les conséquences néfastes d’avoir un tel regard et un tel discours intérieur… Se sentir peu sûre de soi, avoir envie de se cacher, craindre le regard des autres et en même temps rechercher ce regard pour qu’il nous valide, ressentir de la honte et réagir beaucoup trop vivement si le doigt est mis sur une de nos failles, essayer de tout faire parfaitement ou de ne rien faire pour ne pas se mettre en danger, bref, la liste est longue…


Comme je pense que je ne suis pas la seule, et comme c’est un sujet sur lequel je me suis attelée car j’avais envie que cela change, je vais vous partager quelques clés qui m’aident à pratiquer cette bienveillance envers moi (aussi).


Alors, dans cette bienveillance il ne s’agit pas de se voiler la face : on a envie au contraire d’avoir un regard lucide sur soi.

De mettre en lumière nos talents tout comme de reconnaître nos erreurs et d’assumer leurs conséquences. En somme ne faire une montagne ni de nos qualités ni de nos défauts.


Alors, comment on fait pour être plus bienveillante envers soi ?

Nous allons voir trois clés qui peuvent nous aider dans cet apprentissage.


Clé n°1 : Se parler comme on le ferait à une amie proche.


Bien souvent nous nous parlons d’une manière que nous n’utiliserions pas envers quelqu’un d’autre.


Avez-vous déjà pris conscience du ton, des paroles avec lesquels vous vous adressez à vous-même ?

Christophe André *, psychiatre et écrivain, donne l’image du critique intérieur pour mettre de la distance avec cette voix. Il nous dit : « Le critique intérieur est sans arrêt en action. Prédictions avant l’action, commentaires pendant, conclusion après. C’est un véritable ennemi de nous-mêmes. Cet ennemi c’est nous bien sûr. C’est nous qui lui donnons vie, qui l’écoutons, l’hébergeons, lui obéissons, et nous qui le croyons. Nous finissons par n’avoir plus aucun recul, et croire que ces pensées stéréotypées sont fondées et justes. »


La bonne nouvelle c’est que nous pouvons apprendre à nous parler autrement. On peut apprendre à se donner une autocritique qui soit utile et constructive.


Christophe André nous dit que cette relation à soi ressemble à de l’amitié : « Elle associe exigence : ne pas laisser ses amis faire n’importe quoi et bienveillance : ne pas les juger, mais vouloir les aider. »


Se regarder et se parler comme on le ferait avec une amie proche, c’est le faire avec vérité ET bienveillance.

Pour nous entraîner à le faire,

on peut imaginer que notre amie est en train de vivre la même situation que nous, qu’elle nous le raconte... Et alors comment est-ce qu’on se sentirait ? Et qu’est-ce qu’on lui dirait ?


Si vous êtes seule, vous pouvez même vous le dire à haute voix, ça permet d’entendre ce nouveau discours et de ressentir ce que ça nous fait à l’intérieur.


Kristin Neff *, psychologue et chercheuse dans le domaine de l’auto-compassion, nous dit : « La manière dont nous accueillons notre imperfection humaine – avec bienveillance et attention, ou en la jugeant et la condamnant – dépend entièrement de nous. »


Apprenons à accueillir nos erreurs, nos défauts, nos imperfections avec bienveillance et attention, comme avec une amie proche.


Clé n° 2 : Se rappeler que nous sommes tous dans le même bateau.


Au moment où nous souffrons, nous pouvons nous rappeler que tous les êtres humains partagent l’expérience de la souffrance.


Que tous, à un moment donné ou à un autre, on se déçoit, on fait des erreurs, on tombe, on réagit mal…

Si nous ne le faisons pas, nous courons le risque de nous sentir en plus seule et isolée, on se dit : « Je suis la seule à vivre ça… ». Selon Christophe André, c’est une caractéristique de la souffrance : elle nous coupe du monde. Cette coupure du monde rajoute une couche à notre souffrance qui n’est pas nécessaire et qui n’est pas aidante pour nous !


On a besoin de se sentir appartenir, de se sentir connectée, reliée avec les autres. La souffrance elle nous fait croire que nous sommes isolées, séparées des autres.

Ainsi dans les moments d’échec ou d’abattement

nous pouvons nous rappeler que c’est une expérience vécue par tous les humains, ce qui nous permet de nous sentir connectée aux autres plutôt qu’isolée. Cela ne va pas enlever notre douleur mais peut-être l’apaiser un peu.


« Bienvenue parmi les humains »

nous dirait Serge Marquis.


A la suite de Kristin Neff, c’est considérer notre imperfection comme le signe de notre appartenance à l’espèce humaine. C’est d’ailleurs aussi cette imperfection qui nous permet de progresser et d’apprendre. A l’image d’un enfant qui apprend à marcher, et qui tombe encore et encore, ce qui lui permet d’apprendre comment faire, comment positionner son corps, jusqu’à ce qu’il y arrive.


Au moment où nous souffrons, nous pouvons nous rappeler que tous les êtres humains souffrent à un moment ou un autre, que cela fait aussi partie de la vie, de notre condition humaine, que nous ne sommes pas seules à vivre ça.


Clé n° 3 : Faire face à la réalité.


Pour pouvoir s’offrir de la compassion, de la bienveillance, il faut déjà prendre conscience que l’on souffre. C’est être capable de s’observer, de s’écouter : ses pensées, ses émotions.


C’est se mettre en position méta, comme un hélicoptère qui prend de la hauteur et qui voit ce qui est en train de se passer, en position d’observatrice de nos mouvements intérieurs. Notre conscience nous permet ce déplacement de position et il nous est fort utile !


Faire face à la réalité que nous vivons, c’est accepter ce que nous sommes en train de penser et ressentir.

Si vous êtes comme moi, en entendant que ce processus passe par de l’acceptation, vous aurez peut-être peur que ça veuille dire autojustification et du coup d’aucune motivation pour changer et s’améliorer. En réalité ce n’est pas ce qui se passe car :


Accepter ne veut pas dire « être d’accord ».

C’est comme lorsque vous êtes malades : vous devez commencer par accepter d’être malade pour aller vous faire soigner. Si vous ne l’acceptez pas en disant « Non, non, je n’ai rien, je ne suis absolument pas malade !!! » : il n’y a aucune chance que vous preniez rendez-vous chez le médecin et donc potentiellement peu de chances pour vous de guérir !


C’est la même chose avec nos faiblesses, nos défauts, nos imperfections, nos erreurs…


Commencer par les accepter : oui ils sont bien là, oui il s’est bien passé ça, oui j’ai bien réagi ainsi, c’est le passage pour ensuite pouvoir changer.

Alexandre Jollien, écrivain et philosophe, nous dit : « Accepter, ce n’est pas baisser les bras, mais au contraire prendre appui sur ce qui est, sur ce que je peux changer, pour avancer. »


Quand je n’accepte pas la réalité, je souffre, car j’ai le désir que la réalité soit différente de ce qu’elle est.

Et plus nous résistons à la réalité, à ce qui se passe ici et maintenant, plus nous souffrons et ça rajoute une couche à notre douleur initiale.


Kristin Neff utilise l’image du mur pour parler de la réalité et qu’y résister revient à se cogner la tête contre, encore et encore. Elle nous dit : « Une fois qu’un événement a eu lieu, il est impossible de changer ce fait dans le présent. Les choses sont ainsi. On a le droit d’accepter ou de refuser cette réalité, mais elle demeurera la même quoi qu’il en soit. »


Ainsi les douleurs dans la vie sont inévitables, par contre la souffrance liée au refus de la réalité est facultative.


Faire face à la réalité, c’est pouvoir voir sa douleur, l’accueillir, tout en ressentant de la compassion envers cet inconfort.


Pour vous mettre en action

Je vous propose de tester une de ces clés, voire plusieurs, la prochaine fois que vous vous décevez ou que vous vivez un moment difficile.


Ça commence par s’observer et remarquer la manière dont vous vous parlez de manière automatique dans ces moments-là.


Au moment où vous en aurez conscience, vous serez à même de choisir de vous donner une autre réponse :

  • vous parler comme vous le feriez à une amie,

  • vous rappeler que nous sommes tous dans le même bateau,

  • voir votre souffrance, l’accepter et vous donner de la compassion.


Voilà, je vous souhaite d’améliorer votre relation à vous-même en devant plus bienveillante envers vous :) Et sur ce chemin, sachez aussi qu’un coaching peut vous aider, vous pouvez me contacter pour en discuter avec moi.


 

* Des références de livre, pour celles et ceux que ça intéressent de creuser plus loin :

- Imparfaits, libres et heureux: Pratiques de l'estime de soi, de Christophe André

- Self Compassion (en français S'aimer), de Kristin Neff


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