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  • Photo du rédacteurRachel Hemes

Comment éviter le tsunami émotionnel ?




Aujourd’hui nous allons parler de nos émotions et en particulier de comment éviter qu’elles ne débordent !


Les émotions, c’est tout un chapitre qui m’a occupée pendant longtemps.

Non seulement mes propres émotions mais aussi celles de mes proches et en particulier de mes enfants. Si vous en avez aussi, vous savez pourquoi je dis ça ;-) Avec un enfant, on ne peut pas ignorer les émotions, elles vous sautent à la figure et aux oreilles à tout moment du jour (et de la nuit). Et leurs émotions vont venir toucher les nôtres, c’est inévitable.


Avec mes enfants j’ai fait face à un tsunami émotionnel : le leur et le mien, avec des proportions bien différentes de ce que j’avais connu jusque-là.

Je vis les émotions intensément depuis toujours et j’avais développé des stratégies pour les traverser au fil des années (plus ou moins efficacement). Mais face à mes enfants ces stratégies ne fonctionnaient plus, car souvent elles supposaient de pouvoir me retirer, seule, longuement et d’avoir le temps de déposer et de démêler ce que je vivais. Donc à la place, j’accumulais les émotions… Et je pense que nous sommes nombreux à le faire, à accumuler les émotions au fil de notre journée… Comme une marmite à pression sur le feu, on garde le couvercle bien fermé et la pression augmente à l’intérieur sans pouvoir s’échapper jusqu’à l’explosion, tel un tsunami qui balaie tout sur son passage pour la goutte d’eau qui a fait déborder le vase… Le souci n’étant pas la goutte d’eau, mais tout ce que nous avons accumulé jusque-là.


Si la millième goutte fait déborder le vase, il a fallu auparavant les 999 autres dont on n’a pas tenu compte.

Bref, je me suis retrouvée démunie face à ce flot d’émotions que je ne pouvais plus gérer de la même façon qu’avant. Alors là au milieu, j’ai appris, par mes lectures et par les entraînements pratiques avec mes enfants :)


Je n’avais pas envie de nier le tsunami, c’est-à-dire de faire comme s’il n’était pas là, ni de l’écraser pour qu’il devienne à terme inexistant. J’avais envie d’apprendre et de permettre à mes enfants d’apprendre à vivre avec leurs émotions, ne pas être tyrannisé par elles, ne pas être leur tyran non plus, mais plutôt découvrir comment collaborer avec elles fructueusement.


*** Petite parenthèse pour ne pas que vous croyez que je suis arrivée à la ceinture noire et que c’est de là que je vous parle : non, non, pas du tout ! Je suis en chemin. J’ai clairement progressé à ce sujet et j’ai aussi clairement de la route encore devant moi :) ***


Ceci dit, j’ai appris - j’apprends encore - à mettre mes émotions à la bonne place : je ne suis pas mes émotions même si elles font partie de moi. Elles sont des signaux précieux à prendre en compte, elles sont des messagères quant à l’état de mes besoins. Elles ne sont pas une fin en soi mais elles nous délivrent des informations importantes.


Quand l’émotion a pu délivrer son message, qu’il a été reçu, c'est bon, elle peut s’en aller.

Imaginons qu’elle vient frapper à notre porte, si nous lui ouvrons et écoutons ce qu’elle a à nous dire, elle va le faire, puis s’en aller, contente d’avoir rempli son rôle. Si nous ne lui ouvrons pas la porte, que va-t-elle faire ? Elle va continuer à frapper plus fort ! Et alors si nous refusons encore de lui ouvrir, elle va finalement décider de délivrer son message d’une autre façon, par notre corps très certainement.


J’ai souvent entendu des discours méfiants vis-à-vis de nos émotions, qu’elles sont potentiellement dangereuses, qu’il ne faut pas leur prêter attention, mais les faire taire avec notre raison pour ne pas se laisser manipuler par elles.


Nous devons distinguer l’émotion et l’action.

J’ai le droit de ressentir l’émotion que je ressens, c’est ainsi en fait. L’émotion est là, je ressens ça et c’est ok. Je n’ai pas besoin de me juger de ressentir ça. C’est une réponse physiologique à quelque chose que je suis en train de vivre ou de penser. Par contre je n’ai pas le droit d’agir n’importe comment sous prétexte de cette émotion. J’ai le choix. Comme le dit Stephen Covey, entre le stimulus et l’action, j’ai le choix. Entre l’émotion que je vis et le comportement que j’adopte, j’ai le choix. Parfois il peut nous sembler inexistant tant cela peut se passer vite et pourtant il est là si nous prenons la peine de bien regarder.


Je pense que nous aurons une meilleure maîtrise de nous, c’est-à-dire une maîtrise de ce que nous faisons, de la manière dont nous agissons, si nous sommes capables d’accueillir, d’écouter et de tenir compte de nos émotions. Car attention, il ne s’agit pas de maîtriser nos émotions ! Cela c’est ce que j’ai cru pendant longtemps. Non, il s’agit de les accueillir, de trouver des façons de les exprimer qui soient respectueuses pour soi et pour les autres, de comprendre le message qu’elles nous délivrent et les multiples manières de remplir le besoin en cause. Autrement ce n’est qu’une façade en carton, et l’émotion finira par surgir d’une manière ou d’une autre, telle la cocotte-minute de tout à l’heure.


Pour éviter le débordement, nous avons besoin d’évacuer nos émotions.

Comme une fontaine qui se remplit d’eau a besoin d’un écoulement, autrement à un moment donné elle déborde et met de l’eau partout. Alors comment peut-on faire ça ?


Une première étape, c’est déjà d’être conscient de nos ressentis, de nos émotions.

Est-ce que je suis attentif à ça au long de mes journées ? Est-ce que je prends régulièrement des micro-pauses pour me demander comment je vais, reconnaître les malaises qui peuvent se manifester dans mon corps, situer l’émotion et ses effets physiques ?

Puis, est-ce que je sais nommer l’émotion que je suis en train de vivre ?


Nos ressentis physiques sont une première indication. Et si nous ne sommes pas familiers avec ce domaine des émotions c’est un bon endroit pour commencer. Reconnaître les sensations corporelles, leurs emplacements, leurs intensités, si c’est agréable ou pas. On peut essayer de les décrire avec des mots ou avec une image.


Un pas de plus, cela sera essayer de nommer l’émotion. Pour ça, nous pouvons utiliser des listes* trouvables sur internet pour nous aider à mettre le doigt sur ce qui se passe en nous. Ces listes sont vraiment une aide car on peut les parcourir et tout d’un coup un mot ou un autre nous fera « tilt ». Et d’ailleurs ce n’est pas impossible que vous viviez plusieurs émotions à la fois.


Mettre un mot sur l’émotion qui nous habite, ça nous aide pour sortir de la confusion et du nœud de la tempête. En la nommant on lui donne une forme, on peut alors l’observer au lieu d’être emmêlé dedans.

Si tout ceci vous est étranger, je vous recommande beaucoup de patience et de bienveillance envers vous-même. C’est comme un nouvel alphabet à apprendre, cela ne va pas se faire en un jour. Le simple fait que vous y prêtiez attention régulièrement vous permettra de vous familiariser avec vos ressentis, avec les différents noms des émotions et vous arriverez de mieux en mieux à les identifier. Cette première étape permet de baisser la pression car on est déjà en train d’ouvrir la porte à l’émotion qui frappe, à la prendre en considération.


Une deuxième étape, pour faire baisser la pression sera d’exprimer l’émotion.

Pour ceci plusieurs options sont possibles : on peut en parler à une personne de confiance qui est présente à ce moment-là, on peut faire un audio à une amie de confiance ou un message, on peut l’écrire sur un bout de papier ou dans notre journal ou sur une application de prises de note, on peut la dire à haute voix si nous sommes seuls ou, si vous êtes croyante, vous pouvez aussi prier et raconter tout ce que vous vivez à Dieu. On peut aussi imaginer l’exprimer sous forme créative : dessiner, peindre, chanter, scrapbooker… Prenez la façon de faire qui vous est le plus facile pour commencer et qui est à votre portée.


Et en le faisant nous pouvons aussi nous demander de quoi nous avons besoin. Je sais que cette partie-là est encore moins naturelle et habituelle, en tout cas c'était le cas pour moi. Souvent je restais comme bloquée au niveau de mes émotions.


Mais rappelons-nous : nos émotions sont des messagères sur l’état de nos besoins.

D’après la Communication NonViolente c’est plutôt simple : des émotions agréables indiquent des besoins satisfaits, tandis que des émotions désagréables pointent des besoins insatisfaits. Là aussi il existe des listes* qui peuvent nous aider à découvrir le besoin concerné. Descendre du niveau des émotions à celui des besoins c’est nous permettre de vivre un premier soulagement, car un besoin a déjà besoin d’être reconnu ;) Puis on pourra trouver différentes manières de le remplir pour y répondre.


Restez attentifs à vos ressentis après l’expression : Est-ce que vous vous sentez mieux ? Est-ce que le malaise s’est déplacé ? Est-il encore présent ?


Parfois cela peut nécessiter d’y passer plus de temps et/ou d’y revenir plus tard, à un autre moment. C’est sans doute qu’il y a encore des éléments importants à découvrir. Mais normalement cette première prise en compte devrait déjà apporter un soulagement.


Bon, c’est tout un programme, hein !

Et si en plus on s’imagine avec des enfants, ou avec d’autres personnes, ce n’est pas simple de s’extraire pour prendre ce temps. Et pourtant c’est possible même si ça sera bien sûr très court, par exemple en s’enfermant dans les toilettes, en s’arrêtant et en prenant trois grandes respirations abdominales, en ouvrant grand la fenêtre pour inspirer de l’air frais, en parcourant nos listes d’émotions et de besoins. Cela n’a pas besoin d’être long pour compter. Mieux vaut plusieurs micro-moments que rien du tout !


Ces micros-moments de conscience sur nos ressentis, nos sensations, pour essayer de nommer l’émotion, c’est déjà une première façon de baisser la pression à la place d’accumuler et de mettre le couvercle dessus comme si de rien n’était.

Et nous pouvons aussi exprimer en une phrase notre émotion, notre besoin et la demande en lien, ici je pense en particulier quand nous sommes avec nos enfants, car ils n’ont pas besoin de nos longues explications.


Et peut-être bien que nous aurons besoin de temps plus longs, à part, pour pouvoir exprimer et descendre au niveau des besoins plus en profondeur. Et je vous encourage vivement à prendre ces temps.


Les enfants sont de formidables partenaires d’apprentissage

car avec eux on peut facilement s’entraîner à nommer les émotions : les nôtres et aussi celles qu’ils vivent ! Il existe des supports tels que des cartes illustrées, des peluches, ou autre qui leur permettent de sélectionner comment ils se sentent… puis de quoi ils ont besoin en ce moment. Ils le feront d’autant mieux si nous montrons l’exemple et que nous le pratiquons avec eux :) On peut aussi s'entraîner lors de la lecture d'un livre ou quand on regarde un dessin animé : "Tiens, à ton avis lui, il ressent quoi ? De quoi est-ce qu'il aurait besoin ?"


Si vous n’avez pas d’enfant, en adaptant un peu ça marche aussi avec le conjoint, les collègues ou les amis :)


Voilà, je vous souhaite une bonne suite de découverte et d’aventure passionnante avec vos émotions !


Et si vous avez besoin d’un accompagnement à ce sujet sachez que je suis disponible pour le faire, contactez-moi pour que nous puissions en discuter ensemble.


D’une manière ou d’une autre : à tout bientôt !


 

* En guise de ressource, vous trouverez ici un exemple d'une liste des émotions et des besoins



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